Le championnat du monde des rallyes naît en 1973. Parmi les grands champions, d'autres pilotes ont eu des carrières plus modestes. Certains ont eu de très belles carrières mais n'ont remporté qu'une seule manche. 31 pilotes n'ont gagné qu'une seule manche, nous vous proposons de parler de 20 de ces uniques vainqueurs.

Piero Liatti - Monte-Carlo 1997

Ce Monte-Carlo millésime 1997 est le premier rallye de l'ère des fameuses World Rally Cars. Le rallye débute par une spéciale sur le circuit de Monaco mais cette spéciale n'est pas remportée par une WRC mais par le belge Freddy Loix (première participation) au volant d'une Toyota Celica GT4 Groupe A ! Carlos Sainz profite de la première vraie spéciale du rallye pour prendre la tête. Piero Liatti signe le scratch dans l'ES4. Tommi Mäkinen prend le commandement dans l'ES7.

Mais à ce moment-là, Liatti commence à remporter quasiment toutes les spéciales. A la fin de la seconde journée, Mäkinen mène avec 24" d'avance sur Liatti et 27" sur Sainz. Liatti attaque dans Sisteron et prend la tête de la course. Liatti est intouchable et Mäkinen finit par partir à la faute... Liatti remporte le rallye avec 55" d'avance sur Sainz tandis que Mäkinen complète le podium. Ce sera la seule victoire mondiale pour Liatti et également la dernière d'un pilote italien au plus haut niveau...

Harri Rovanperä - Rallye de Suède 2001

Après plusieurs saisons chez Seat, Harri Rovanperä commence à rouler pour Peugeot à partir de 2001 et de ce Rallye de Suède. Jean-Pierre Nicolas a engagé le finlandais pour remplacer François Delecour. Toutefois, pour ce Rallye de Suède, ce sont ses coéquipiers Grönholm et Auriol qui sont nominés pour marquer des points au championnat constructeur. Bref, on n'attendait pas Harri Rovanperä aux avant-postes pour ses débuts avec la 206 WRC.

Grönholm signe le premier scratch mais Rovanperä signe le second et prend la tête ! Grönholm est victime d'une casse moteur dans l'ES3 et le suédois Radstrom prend le commandement. Rovanperä prend la tête définitivement au milieu de la seconde étape, Mäkinen tentera de le reprendre mais terminera sur le toit. Rovanperä s'impose avec 28" d'avance sur Radstrom et 37" sur Sainz.

Malgré des débuts en fanfare avec Peugeot, ce sera malheureusement la seule victoire du finlandais. Il roulera jusque fin 2004 chez Peugeot avant de rejoindre Mitsubishi puis Skoda. Avec 1 seule victoire mais tout de même 15 podiums en WRC ! Il remportera la Carrera Panamericana en 2010 avant de se consacrer à la carrière de son fils, Kalle Rovanperä.

Jesus Puras - Tour de Corse 2001

 

Depuis 1997, l'espagnol Jesus Puras est dans le giron Citroën avec la ZX Kit-Car, puis la Xsara Kit-Car et enfin la Xsara WRC ! L'espagnol brille sur asphalte avec 8 titres dans son pays. Déjà en 1999, il avait terminé derrière Philippe Bugalski pour le doublé des Xsara Kit-Car au Tour de Corse. Gilles Panizzi remporte la première spéciale du rallye 2"3 devant Grönholm et 2"7 devant Puras.

Mais l'espagnol remporte la seconde spéciale et s'empare de la tête. Le duel entre Puras et Panizzi est intense, avec même un scratch à égalité dans l'ES10. Mais Puras reste le meilleur et s'impose avec 17"5 d'avance sur Panizzi et plus d'une minute sur Auriol. Jesus Puras décroche la première des 32 victoires de la Citroën Xsara WRC. L'espagnol était hélas trop spécialisé asphalte pour briller en mondial et sera une des victimes collatérales de la montée en puissance de Sébastien Loeb.

François Duval - Rallye d'Australie 2005

Pour beaucoup, Duval a été l'un des pilotes les plus doués jamais vus... Malheureusement il était peu travailleur et assez inconstant. Pire, Duval est fan de Loeb... Alors qu'en sport auto, l'équipier est le premier des adversaires. Et pour la Belgique, malgré un nombre important de brillants pilotes, aucun n'a réussi à s'imposer en mondial ! En 2005, suite à de multiples sorties de routes, Guy Fréquelin finit par le mettre à pieds pour 2 rallyes (et fait sortir de sa retraite Carlos Sainz pour le remplacer).

Stéphane Prévot refuse de continuer de le co-piloter et Sven Smeets s'installe dans le baquet de droite. Loeb remporte le titre pilote et Citroën le titre constructeur en cette saison 2005. Le scénario de ce Rallye d'Australie, dernière épreuve de la saison sera complètement fou. Petter Solberg remporte la super spéciale d'ouverture devant Duval et Loeb. Les Subaru de Solberg et de l'australien Chris Atkinson dominent le début de rallye.

Loeb prend brièvement la tête avant de sortir de la route. A la fin de la première étape Solberg mène avec 46"6 d'avance sur Duval et 48" sur la Fabia WRC de Colin McRae. Le top 5 est complété par la Mitsubishi de Harri Rovanperä et la Xsara WRC privée de l'autrichien Manfred Stohl. Solberg abandonne au cours de la seconde étape après avoir heurté un kangourou ! Duval se retrouve en tête et ne craquera pas sous la pression, il termine devant Harri Rovanperä et Manfred Stohl.

En 2006, Duval roulera sur quelques manches avec une Skoda Fabia WRC First Motorsport, le français Patrick Pivato s'installe dans le baquet de droite. Programme encore plus réduit en 2007 avec 4 manches dont les 3 manches asphalte du WRC sur une Xsara engagée par Kronos. En Allemagne, le duo Duval/Pivato montre sa pointe de vitesse en pointant en tête à l'issue de la première étape au nez et à la barbe des voitures usines, notamment les C4 WRC.

Duval terminera au final second à 20"3 de Loeb. En 2008, la carrière du belge semble repartir avec une Ford Focus privée : une 4ème place au Monte-Carlo, une 3ème place en Allemagne... Ford le prend comme titulaire pour plusieurs manches ! Et le duo avec Patrick Pivato fonctionne toujours bien en terminant 4ème en Catalogne puis 3ème en Corse. Malheureusement lors du Rallye du Japon, Duval sort de la route violemment (une sortie que l'on ne peut pas mettre sur le dos de sa fougue), pas de chance Patrick Pivato est gravement blessé (il ne roulera plus en rallye).

Avec Denis Giraudet à sa droite, il conclut sa carrière mondiale par une 6ème place en Grande-Bretagne. Il participera à nouveau au Rallye d'Allemagne en 2010, mais aujourd'hui on ne peut plus vraiment briller en WRC en faisant une unique épreuve.... "Dudu" roule de temps en temps dans son pays et reste très populaire dans le cœur des passionnés belges.

Mads Østberg - Portugal 2012

Mads Østberg a souvent été présenté comme un pilote en train de monter en puissance... Rappelons tout de même que dès 2005 il roulait en Subaru WRC sur des épreuves nationales alors qu'Ogier lui n'avait toujours pas fait ses débuts en rallye. Ses débuts dans le grand bain du championnat du monde ne sont pas ridicules sans être exceptionnels, il peine à rentrer dans les points. Il remporte tout de même le championnat norvégien en 2008.

En 2011 sur une Ford Fiesta privée, il se montre à son aise en signant ses 2 premiers podiums en WRC (Suède et Grande-Bretagne). Le début de saison 2012 est correct avec une 3ème place en Suède et une quatrième place au Mexique. Le Rallye du Portugal  se déroule dans des conditions difficiles, Loeb abandonne dès la première étape suite à une sortie de route.

Le rallye est une véritable hécatombe mais Hirvonen termine largement en tête au volant de la DS3 WRC. Mais quelques heures après l'arrivée, la voiture du finlandais est déclassée à cause d'un embrayage et d'un turbo non conforme ! Mads Østberg récupère la victoire sur tapis vert et sans avoir remporté une seule spéciale ! Les Fiesta de Novikov et Solberg complètent le podium.

En plus de cette improbable victoire, la saison 2012 de Mads Østberg sera la meilleure puisqu'il terminera toujours dans le top 5. Malheureusement le norvégien n'aura plus aucune occasion de gagner, il glanera tout de même un total de 18 podiums en WRC. Rapide, mais pas assez pour gagner et globalement constant, il est difficile de juger la carrière de Mads Østberg. Pas flamboyant, il est l'assurance de ramener des points.

Depuis 2019, il roule en Citroën C3 R5 et démontre qu'il reste très fort même face à de jeunes loups. Il y a fort à parier que si demain un constructeur en WRC ait besoin d'un pilote en urgence, le nom d'Østberg apparaîtra forcément dans les discussions.

Hayden Paddon - Argentine 2016

Le néo-zélandais fait ses premières apparitions en championnat du monde à la fin des années 2000, ses prestations dans les catégories inférieures sont concluantes et Hyundai le titularise pour ses débuts dans la catégorie reine en 2014. Paddon progresse et son jour de gloire arrive en Argentine en 2016, à la suite d'un beau duel il bat le triple champion du monde Sébastien Ogier.

Malheureusement, Hayden Paddon ne rééditera pas sa performance, en partie à cause d'un manque de chance en janvier 2017 lorsqu'il percuta un spectateur mal placé au Monte-Carlo... On sait que ce triste accident a beaucoup perturbé le néo-zélandais. Néanmoins on se souviendra qu'il s'était montré très critique avant envers son propre coéquipier, Thierry Neuville ce qui n'a pas mis une excellente ambiance chez Hyundai.

Pire en 2016, il osera critiquer ouvertement Sébastien Ogier qui se plaignait de manière pas totalement injustifiée de l'ordre des départs en WRC. Une déclaration pas dénuée d'arrogance et très mal perçue. Aujourd'hui, la carrière de Paddon en WRC est probablement terminée.

Esapekka Lappi - Finlande 2017

Bien qu'il ne compte qu'une victoire à son actif, il faut noter que la carrière d'Esapekka Lappi au plus haut niveau est toujours en cours. Lappi démarre sa carrière en Finlande sur une Civic Type R et se fait très rapidement remarquer. Il devient ensuite pilote officiel Skoda et devient Champion d'Europe en 2014 avec la Fabia S2000 puis remporte le WRC 2 en 2016 avec la Fabia R5.

En 2017, le WRC connait un changement de réglementation et Toyota arrive, Lappi est engagé par la firme japonaise qui l'aligne sur un programme partiel. Les débuts sont corrects jusqu'au Rallye de Finlande. Coup de théâtre avec la sortie de Sébastien Ogier dès la première étape. Un duel féroce s'engage entre Latvala et Lappi, Latvala est trahi par sa mécanique et Lappi se contente de gérer jusqu'à l'arrivée pour décrocher sa première victoire devant Evans et Hänninen.

Lappi roule à temps complet en 2018 et termine 5ème du championnat avec 3 podiums. Néanmoins, il s'en va chez Citroën, il décroche 3 nouveaux podiums sur une monture rétive... Il est l'une des victimes du départ de Citroën fin 2019 mais réussit à rebondir chez M-Sport où il réalise un début de saison très correct.